Le non-sens d'un centre-ville perfusé par une mentalité
de féria
Un centre-ville moins attractif
Ces dernières années, le
développement de l'agglomération nîmoise a été considérable.
La ville suit en cela l'ensemble de la plaine du littoral
languedocien. Comme en de nombreux endroits, le
développement, parce qu'il était massif et qu'il n'y avait
jamais eu de précédent, a été accompagné plutôt qu'organisé.
De partout ont surgi habitations et nouveaux centres
commerciaux. Au fur et à mesure de la constitution des
banlieues nouvelles, la circulation automobile est devenue
de plus en plus difficile. Confronté à la fois à la
concurrence massive des nouveaux centres commerciaux et à la difficulté
de circulation, le centre-ville de Nîmes a perdu de son
attractivité.
Une réponse inadaptée : le modèle de la féria
A la perte d'attractivité
quotidienne du centre-ville s'oppose l'hyper-attractivité du
centre au moment de la féria. Moment de bons coups
financiers faciles, la féria est devenu le modèle commercial
du centre-ville ; en imitant les recettes du succès de la
fête, il est apparu qu'on pourrait sortir le centre ville de
sa léthargie. La ville s'est ainsi couverte de bars et
restaurants renommés bodegas qui tentent d'offrir
toute l'année les promesses normalement réservées à la fête
: ambiance de libération des sens, tapage nocturne,
vociférations jusqu'à des heures avancées de la nuit,
musique électronique largement au-delà des horaires légaux,
irrespect des législations en vigueur sur le bruit. Les bars
n'assurant pas le nettoyage des espaces publics qu'ils
souillent, les habitants financent par l'impôt le passage
ultra-matinal d'une horde d'engins de nettoyage. Il est
devenu extrêmement difficile de dormir en ville. Or c'est la
fuite des habitants qui empêche l'établissement permanent
diurne des commerces. Le modèle d'un développement du
centre-ville par une ambiance nocturne permanente de féria
est inadapté. Il contribue au contraire d'achever de vider
le vieux centre et de déprécier le patrimoine immobilier de
ses habitants.
Combattre le bruit c'est œuvrer pour le développement
durable
Faire revenir les habitants au centre-ville
Toutes les analyses le disent
aujourd'hui : vivre en ville, cesser de se déplacer sans
arrêt, est la meilleure façon de travailler à l'écologie.
Nîmes possède un patrimoine architectural de premier rang
que les municipalités successives ont fort heureusement
travaillé à sauvegarder. La ville est belle. On pourrait
rêver qu'elle soit pleine d'habitants heureux. Pleine
d'habitants utilisant peu ou pas la voiture, elle serait
pleine de commerces de toute sorte et de commerçants
heureux. Mais voilà : tant que le niveau de bruit restera ce
qu'il est en ville, en particulier la nuit, toutes les
initiatives pour tenter de repeupler le centre-ville
resteront vaines. Multiplier le stationnement ne suffit pas
à attirer une clientèle de passage : les parkings ne
sont-ils pas plus agréables encore et moins cher dans les
grandes zones commerciales ? Ce qu'il faut attirer c'est de
nouveaux habitants. Et pour que les habitants puissent
résider en ville il y faut plus de silence, une meilleure
maîtrise des nuisances.
Un site internet pour combattre le bruit à Nîmes
Ce site internet veut tenter de
fédérer tous ceux qui veulent combattre le bruit à Nîmes. Il
veut faire reculer le parti des électro-ringards et invite à
penser notre développement à long terme. Il rappelle les
règlementations contre le bruit, fournit les documentations
nécessaires à toute action contre le bruit et travaille à
sortir chacun de nous de son isolement face au bruit subi.
Il y a des actions possibles. Il faut les mettre en place.
Comme nous avons conscience que le
modèle de la féria inspirera encore quelque temps les uns et
les autres, nous avons également décidé de mettre en place
une action pour une grande cause. Cette grande cause est de
nous battre pour une féria authentiquement populaire et
familiale, dans sa grande tradition de toujours, contre la
féria des électro-ringards qu'elle est devenue aujourd'hui.
Nous nous engageons pour une féria uniquement portée par le
souffle des musiciens, une féria zéro musique électronique.
Une féria sans électro-ringards, dont le seul talent est de
posséder un tourne-disque et de le raccorder à un
amplificateur.
Ces deux combats sont liés.
Reprendre la fête à quelques électro-ringards et la rendre à
tous. Rendre les nuits de la ville à ses habitants. Rendre
la ville de nouveau habitable et ses commerçants prospères.
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